E.T. L’EXTRA-TERRESTRE (ou LE MEILLEUR POTE D’ELLIOTT ET DE GERTIE)

E.T. l’extra-terrestre est LE film de « quand on est petit ». C’est la rencontre d’un gamin solitaire et d’une créature aux longs doigts de sorcières et aux pieds palmés, effrayante les 15 premières minutes et tellement attachante et émouvante le reste du film. Retour sur la plus belle histoire de Steven Spielberg.

« ET téléphone maison. »

ET débarque sur Terre avec des potes à lui. Ils sont agriculteurs ou botanistes et viennent récolter quelques plantes terrestres. La soucoupe finit vite par repartir mais sans ET, qui va devoir se réfugier dans le petit abri de jardin d’une maison familiale.

Il fera vite la connaissance d’Elliott (Henry Thomas), puis de Gertie (Drew Barrymore) la benjamine et de Michael (Robert MacNaughton), l’aîné. Ils feront en sorte de cacher leur nouvel ami à leur mère Mary (Dee Wallace), ainsi qu’aux fédéraux et scientifiques, qui avaient repéré l’arrivée de la soucoupe, ainsi que des traces non-humaines.

De plus, ET va rééquilibrer complètement cette famille, qui était bancale depuis le départ du père, parti avec une femme plus jeune. La mère des trois ados fait tout pour apporter un climat serein à ses enfants, mais souvent elle semble être à côté de ses pompes. Parfois hystérique, parfois à fleur de peau, elle sera toutefois un réel atout pour ET et Elliott dans la seconde partie du film.

« Toute ma vie je croirai en toi. »

ET l’extra-terrestre n’a pas pris une ride : le jeu des jeunes acteurs est toujours aussi bluffant. Ils embarquent encore avec eux le spectateur, que ce soit pour une ballade déguisée le soir d’Halloween avec ET, pour une virée à vélo pour fuir les autorités ou encore lors de la construction d’un appareil permettant de contacter la maison d’ET.

Drew Barrymore (Batman Forever – Joel Schumacher (1995), Scream – Wes Craven (1996), Charlie et ses drôles de dames – McG (2000)) a été la première à avoir été choisie au casting. Elle avait préalablement auditionné pour Poltergeist (Tobe Hooper – 1982) mais Spielberg l’avait refusée pour ce rôle et lui avait dit : « Je te vois dans autre chose. »

Dee Wallace (La colline a des yeux – Wes Craven (1977), Hurlements – Joe Dante (1981), Critters – Stephen Herek (1986)), qui était alors en plein divorce, a rejoint le casting. Sa situation personnelle a servi à merveille son rôle, puisqu’elle n’est qu’antonyme : fragile et battante, joyeuse et triste, à l’instar d’une mère de famille, qui doit porter sa petite famille seule.

Pour ce qui est de Henry Thomas (Suicide Kings – Peter O’Fallon (1997), Gangs of New-York – Martin Scorsese (2002)), c’est le dernier à avoir été sélectionné. Après de nombreuses auditions, Spielberg n’arrivait pas à trouver son Elliott. Un ami lui a mis entre les mains des séquences de L’homme dans l’ombre (Jack Fist – 1981) et Spielberg a décidé de le rencontrer pour lui demander une impro et voir ce qu’il valait. Ce fut pour le jeune acteur très concluant : la vidéo est cadeau et elle est à la fin de l’article 🙂

« D’ailleurs, pourquoi il irait dans la forêt ? Pourquoi il ferait ça ? »

Avant ET l’extra-terrestre, Spielberg travaillait sur deux scénarios :

  • Night Skies, qui devait être la suite de Rencontres du troisième type (1978), où une famille isolée était assiégée par des extraterrestres.
  • After School, qui traitait de la pré-adolescence et de l’adolescence.

N’arrivant pas à aboutir concrètement sur l’un ou sur l’autre, Spielberg se souvient que François Truffaut l’avait conseillé sur le tournage de Rencontres du troisième type et lui avait dit : « Vous êtes si proche des enfants, vous devriez faire un film sur eux, car chaque film est une tranche de vie et la vie est courte. ». Et il décida de fusionner les deux scénarios et fit pour cela appel à Melissa Mathison (La quatrième dimension – 1983 et Le bon gros géant – 2016)

« A ce jour, il reste mon film le plus personnel. » (Steven Spielberg)

Et Spielberg pensa jusque dans la réalisation à Truffaut (Les quatre cent coups – 1959, Jules et Jim – 1962 et La peau douce – 1964), puisque l’ensemble des plans sont filmés à hauteur d’enfants, pour rendre le point de vue plus fort et qu’aucun adulte, en dehors de la mère, n’apparaît avant la deuxième partie du film.

Pour le 20ème anniversaire du film, en 2002, Spielberg a effacé les armes des fédéraux et les a remplacées par des talkies-walkies (ce qu’il regretta toutefois et dans les dernières versions, les armes apparaissent à nouveau) et il a retravaillé les expressions de visages d’ET, ainsi que la position de ses bras, afin de rendre ses mouvements les plus réalistes possibles.

Spielberg ajouta également dans la version de 2002 des scènes pour créer du lien entre Elliott et ET, notamment celle dans la salle de bains où Elliott se compare en taille avec son nouvel ami. ET dévoile ainsi son point de vulnérabilité : son long cou. Il montre alors la confiance qu’il a envers l’enfant.

« C’est un cliché de dire que ce film s’adresse à l’enfant qui est en nous. Ce film s’adresse à l’être que nous sommes, à celui que nous avons été et que nous voulons redevenir. Il s’adresse à tous. » (Steven Spielberg)

Spielberg (Les dents de la mer (1975), la saga Jurassic Park (1993-1997), la saga Indiana Jones (1981-1984-1989-2008)) est un réalisateur qui berce les enfances avec des films qui nous font parfois frissonner mais qui nous embarquent toujours dans de grandes aventures. Spielberg, c’est aussi une décennie de science-fiction pure avec AI Intelligence Artificielle (2001), Minority Report (2002) et La guerre des mondes (2005) et de comédie avec Arrête-moi si tu peux (2002) et Le terminal (2004).

Avec ET l’extra-terrestre, Spielberg nous émerveille, nous enchante, nous émeut !

De Steven Spielberg – Avec Henry Thomas, Drew Barrymore, Dee Wallace  1h55 – Aventure, Fantastique – 1982

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Bonus : Le casting d’Henry Thomas !

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