TRISTESSE CLUB (ou Une comédie française avec un chat empaillé, une Porsche et une discussion sur les gitans)

Bonjour à tous, j’inaugure ma série « sur les films avec le mot club dedans le titre » par Tristesse club, un film français de 2014, réalisé par Vincent Mariette, et parfait pour égayer ton dimanche aprèm (je l’imagine avec une honnête gueule de bois, des messages sur ton répondeur et du thé à l’amande).

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HAPPINESS (ou Le bonheur désaturé de nos rires jaunâtres)

En 1998, y a trois films que j’aime bien et qui ont tendance à jouer sur leur époque. Arnaques Crimes et Botaniques est rétro mais novateur, Richie crée un style à part entière (disons le puzzle snuffy wtf cockney movie), Dark City nous ramène aux films noirs des 30’s (du 3ème millénaire, donc c’est rétro futuriste mon pote) et Happiness, qui a les pieds bien ancrés dans son époque, mais qui en fait est un film pervers déguisé et qui va finir par te la mettre à l’envers.

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SILS MARIA (ou Binoche vs Stewart)

Binoche versus Stewart, la meilleure façon de résumer Sils Maria.

Sils Maria

Binoche campe une actrice passée, qui, à la mort du réalisateur qui l’avait révélée dans une pièce ‘Le serpent de Maloya’, mettant en scène une assistante, qui vampirise sa patronne et finit par la pousser au suicide, décide de lui rendre hommage en acceptant de remonter sur les planches et d’y jouer cette fois, non pas l’assistante mais la patronne. Stewart est l’assistante personnelle de Binoche et va l’aider à répéter les scènes, tout en l’aiguillant dans ses choix.

Dit comme ça le scénario ne paye pas de mine. Il parait même ennuyeux et inintéressant. Mais surtout ne vous arrêtez pas au pitch. Sils Maria traite de trois thèmes majeurs :

  • Le mass média, via l’impact du système hollywoodien, de la presse, principalement people et des réseaux sociaux sur le monde du cinéma et du théâtre.
  • Le cinéma et le théâtre, qui se répondent face caméra, au travers des répétitions, du jeu d’actrices, mais également via le montage, qui est découpé en actes et en scènes (titrage et fondu au noir).
  • La rivalité entre Stewart et Binoche, à l’image de part leur jeu mais également dans l’histoire.

Et c’est ce dernier thème, qui a le plus d’impact sur la beauté du film. Entre elles deux, tout part d’une confiance mutuelle. Stewart gère la vie de Binoche : ses rendez-vous, ses interviews, ses shootings. En somme, elle tient son rôle d’assistante. Mais avec la pièce, que Binoche s’apprête à rejouer, Stewart devient la répétitrice et la relation entre les deux femmes va prendre une toute autre tournure. Du désir au jeu de séduction, les deux femmes vont incarner le non-dit jusqu’à l’implosion.

Pour ce qui est du jeu des deux actrices, Binoche est juste et sincère mais l’explosion, dans ce rôle de Stewart, lui fait de l’ombre à l’écran. Stewart est ici révélée, ce qui lui a d’ailleurs valu un César en 2015 (Meilleure actrice pour un second rôle : 20 ans qu’une actrice étrangère n’avait pas eu le prix. En 1995, il avait été décerné à Virna Lisi pour La Reine Margot), pour une Binoche qui s’efface au fil des images.

Stewart, on se la prend en pleine gueule !

D’ Olivier Assayas – Avec Juliette Binoche, Kristen Stewart, Chloë Grace Moretz – 2h04 – Drame – 20/08/2014

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